Alioune Ciss, Chief Executive Officer, Webb Fontaine
Jusqu’à récemment, la modernisation des processus douaniers relevait d’une course à la numérisation des documents et à l’automatisation des flux de travail manuels. Cette phase étant désormais largement achevée, nous entrons dans une ère bien plus déterminante : le passage de systèmes automatisés à des systèmes agentiques.
Nous nous dirigeons vers des systèmes qui non seulement appliquent des règles, mais se configurent en grande partie eux-mêmes, s’adaptent en temps réel aux évolutions réglementaires et interagissent avec des experts humains en langage naturel.
Le principal goulot d’étranglement des systèmes douaniers traditionnels est ce que l’on peut appeler le « fossé de traduction ». Lorsqu’un tarif est modifié ou qu’un nouvel indicateur de risque est introduit, les ingénieurs doivent traduire manuellement des textes juridiques en code informatique.
Ce processus est lent, coûteux et crée un décalage dangereux entre l’intention politique et la réalité opérationnelle.
Les grands modèles de langage (LLM) comblent désormais ce fossé. Au lieu d’un cycle de développement de six mois, un analyste peut aujourd’hui décrire un changement en langage naturel. Le système interprète l’instruction, élabore la logique et, après validation par un expert humain, l’applique presque instantanément à l’environnement opérationnel.
Cela réduit la dépendance aux cycles de développement rigides et redonne le pouvoir aux spécialistes des politiques publiques qui maîtrisent le mieux les enjeux du commerce.
L’environnement douanier peut évoluer du jour au lendemain. Un système nécessitant plusieurs mois de redéveloppement pour intégrer de nouvelles normes internationales ou des accords commerciaux est, par définition, obsolète.
Si les interfaces conversationnelles sont l’évolution la plus visible, la véritable révolution réside dans l’architecture no-code qui les sous-tend. En dissociant la logique métier du code figé, les administrations douanières acquièrent une flexibilité comparable à celle d’un jeu de construction.
Les équipes opérationnelles peuvent concevoir et déployer directement des applications, garantissant que le système évolue au même rythme que le commerce mondial.
Pendant trop longtemps, les plateformes de commerce numérique ont évolué dans des environnements où les fournisseurs détenaient les « clés » du code. À l’ère de l’IA agentique, cette dynamique s’inverse.
Des cadres d’IA correctement conçus redonnent la maîtrise aux États.
Un système de gestion douanière est un actif stratégique national, fournissant des informations essentielles sur les flux économiques et l’exposition aux risques. En adoptant des systèmes nativement conçus pour l’IA, les gouvernements conservent un contrôle total sur la logique qui les sous-tend.
Cela garantit une résilience à long terme et instaure un niveau de confiance que les systèmes hérités, souvent opaques, ne peuvent offrir.
Au-delà de la configuration, les plateformes pilotées par l’IA transforment les mécanismes de contrôle grâce à une gestion intelligente des risques.
Les LLM peuvent analyser simultanément des données structurées (déclarations) et non structurées (factures, manifestes) afin de détecter des incohérences que les algorithmes traditionnels ne perçoivent pas.
Ces systèmes proposent des modèles de risque dynamiques qui apprennent à partir des historiques de conformité. Le résultat est une « voie verte » réellement rapide pour les opérateurs conformes, et une « voie rouge » beaucoup plus précise.
Nous ne cherchons plus où se situe le risque, nous utilisons l’intelligence collective pour le détecter.
Comment atteindre ce niveau d’autonomie ? La réalité est que les systèmes hérités, construits sur des bases de code figées, ne peuvent pas simplement être « améliorés » avec un chatbot.
Pour exploiter pleinement l’IA agentique, l’architecture doit être nativement conçue pour l’IA, et non simplement enrichie en surface.
C’est la philosophie de conception de Webb Fontaine Zerø. Il s’agit d’une refonte complète, un concept technologique de nouvelle génération conçu dès l’origine pour l’ère de l’IA. Zerø intègre les LLM à chaque niveau des opérations douanières.
Les utilisateurs peuvent concevoir, configurer et déployer des applications en interagissant avec des agents d’IA entraînés sur des décennies d’expertise en commerce international.
Dans ce nouveau modèle, aucun développeur ne s’interpose entre une décision politique et sa mise en œuvre. Les résultats restent pleinement conformes aux normes internationales, mais leur déploiement se mesure en minutes, et non plus en mois.
À mesure que ces outils fondés sur les données se généralisent, l’écart entre les leaders et les autres va se creuser. Les administrations qui adoptent l’IA agentique bénéficieront de délais de dédouanement plus courts, d’une meilleure protection des recettes et, surtout, d’une autonomie opérationnelle renforcée.
Les plateformes douanières les plus performantes de demain ne se contenteront pas de traiter des déclarations. Elles seront de véritables organismes vivants : capables d’apprendre en continu, de s’adapter et de se reconfigurer pour répondre aux réalités économiques d’un monde en constante évolution.
Useful resources
🔗 Webb Fontaine Launches Webb Fontaine Zero at the WCO Technology Conference
🔗 Alioune Ciss, the reform engineer bringing data to life in Customs
🔗 Digital addict: Leading the digital revolution in Africa
Fondée en 2002 et basée à Dubaï, aux Émirats arabes unis, Webb Fontaine est une entreprise technologique de premier plan spécialisée dans les solutions basées sur l’intelligence artificielle pour le commerce international.
Avec des bureaux en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique, l’entreprise s’appuie sur son expertise approfondie pour proposer aux gouvernements et aux communautés des solutions innovantes visant à simplifier les processus commerciaux et à améliorer leur efficacité.
Webb Fontaine est reconnue pour ses technologies pionnières qui contribuent à réduire la fraude commerciale, à accroître les recettes douanières et à accélérer les délais de dédouanement, favorisant ainsi des écosystèmes commerciaux plus fluides et plus performants.
L’entreprise compte plus de 700 professionnels issus de 41 nationalités et met en avant une culture fondée sur l’excellence, l’innovation et l’intégrité.
Son engagement en matière de recherche et développement est sans égal, avec les plus grands centres de R&D du secteur du commerce, jouant un rôle clé dans l’évolution des technologies et des pratiques liées au commerce international.
Webb Fontaine a également reçu de nombreuses distinctions et certifications internationales, témoignant de son engagement en faveur de la qualité et de son rôle de leader dans la facilitation des échanges.